Si la Chine est dominée par les Han, elle n’en compte officiellement pas moins de 56 nationalités. Les plus connues sont les Tibétains et les Mongols qui comme la plupart des autres ethnies sont situées aux confins de l’Empire du Milieu.
Les Han ont prospéré dans les régions les plus fertiles, notamment le long du cours des fleuves et dans les régions côtières, alors que les minorités sont restées longtemps isolées dans les régions montagneuses et désertiques situées en périphérie. L’extension de l’ethnie Han a également repoussé certaines minorités jusque dans des régions difficiles d’accès où elles ont pu vivre en quasi-autarcie pendant de nombreux siècles.
Le sud-ouest de la Chine, particulièrement montagneux, regroupe plus de 30 nationalités réparties dans les provinces du Yunnan, du Tibet, du Guizhou, du Guangxi et du Sichuan.
Le morcellement du relief de ces régions, leur éloignement des grands centres économiques et la politique de fermeture du pouvoir central ont fait que ces minorités sont restées à l’écart jusqu’au milieu des années 80. Depuis seulement quelques années, les villages commencent à être accessibles par des routes, et l’électricité arrive. Les minorités ont ainsi préservé jusqu’à aujourd’hui leur remarquable tradition agricole, architecturale et surtout vestimentaire.
Les principales minorités du sud-ouest de la Chine sont les Miao (autrement nommés Hmong), les Dai, les Hani, les Yao, les Buyei, les Yi, les Bai, les Dong. Ils vivent en petites communautés de quelques familles dans des villages souvent accrochés à flanc de montagne. Ce sont d’excellents architectes et bâtisseurs (notamment les Dong, célèbres pour leurs tours tambour et leurs ponts des vents et de la pluie).
Mais l’un des traits les plus remarquables de leur culture tient à leur tenue vestimentaire et à leurs bijoux en argent. Non seulement chaque minorité a ses propres traditions transmises de génération en génération, mais bien souvent, chaque district ou même chaque village se distingue par un style qui lui est propre.
Ainsi, les Miao de Puan, de Huangping, de Shidong, de Taigong, de Shangguan ou de Heishitou ont chacun un style local, caractérisé par la coupe, les matières, les couleurs, et l’ornementation.
La confection des vêtements est une activité à laquelle les femmes consacrent énormément de temps. Les jeunes filles préparent leur trousseau pendant des années, la qualité de leur travail étant un critère non négligeable pour le mariage.
Toutes les opérations sont faites à la main, du tissage du coton ou du lin jusqu’à la confection, en passant par la teinture, le calandrage, la broderie, l’application de décors ou la teinture en réserve.
Parfois les femmes achètent des tissus (satin de soie, rubans,..) et des galons au marché du district. Elles recherchent particulièrement les fils de soie, les paillettes ou les lamelles de métal pour l’ornementation.
Selon les ethnies et les villages, elles témoignent d’un art exceptionnel pour le tissage de motifs très complexes, la teinture en réserve (batik), les différentes techniques de broderie (point passé plat, point de croix, point de couchure, point de chaînette, point de nœud, point à deux aiguilles), et l’application de décors (fils gimpés de soie, tresses, pièces de soie repliées, bandes de tissu, paillettes et lamelles de métal).
Chaque vêtement, réalisé à la main pendant de longs mois, est donc unique, véritable œuvre d’art. Il est malheureusement prévisible qu’avec l’ouverture récente sur le reste de la Chine cet art tende à disparaître de la vie quotidienne, pour n’être plus que confiné dans des musées d’ethnologie. |