Les armoires chinoises à montants inclinés, parfois appelées armoires trapézoïdales, font partie des grands classiques de l'ébénisterie chinoise depuis plus de quatre siècles. Leur taille peut varier d'une soixantaine de centimètres pour les plus petits cabinets à près de trois mètres pour les garde-robes monumentales.
Les quatre montants bien inclinés ont un profil rond sur l'extérieur et carré sur la face intérieure. Ils supportent le plateau supérieur constitué d'un cadre épais assemblé à tenons apparents et mortaises et d'un panneau flottant. Le profil du cadre présente un belle moulure arrondie surlignée et soulignée d'une étroite partie plate.
Sur chaque côté, les montants sont reliés par une traverse au profil extérieur arrondi. L'espace entre les montants, les traverses et le plateau supérieur est fermé par un panneau flottant en retrait.
Les deux portes pivotent sur des tenons cylindriques et sont donc facilement démontables. Tout comme le corps de l'armoire, elles sont constituées d'un cadre au profil arrondi assemblé à tenons et mortaises, et d'un panneau flottant en retrait. L'intérieur est équipé de deux tablettes. Au bas, une trappe est aménagée pour donner accès au coffre de rangement. Sous les portes, deux traverses maintiennent un panneau flottant en retrait qui cache le coffre. Sous les traverses basses frontale et latérales, un petit tablier curviligne rigidifie la structure. Les pieds sont moyennement longs pour procurer une bonne isolation contre l'humidité du sol et les rongeurs.
Cette armoire ancienne doit son élégance à la pureté de ses lignes et à ses belles proportions élancées, renforcé par l'opposition entre les panneaux plats et les montants et traverses arrondis. Détail de raffinement, les montants et traverses sont surlignés d'un fin liseré plat en retrait.
Cette belle armoire chinoise ancienne a nécessité une restauration complète. Tous les joints d'assemblage ont été rajustés et plusieurs panneaux et tablettes ont été reconstruits dans du bois ancien. Sa laque sombre a été restaurée, laissant deviner la veinure du bois. Les ferrures étaient absentes comme c'est très souvent le cas du fait de la récupération intensive des métaux lors de la révolution culturelle. Elles ont donc été refaites à neuf lors de la restauration. |