Les tables hautes et étroites utilisées comme autel au culte des ancêtres, construites avec les pieds en retrait, appartiennent aux grands classiques de l'ébénisterie chinoise ancienne.
Celle-ci, de dimensions modestes, est un bel exemple de l'évolution tardive d'un grand classique de la dynastie Ming, qui met en évidence le caractère plus exubérant et ornementé des goûts sous la dynastie mandchoue des Qing.
De chaque côté, les montants avant et arrière sont fichés dans un épais socle transversal et reliés par deux courtes traverses. Entre les traverses, deux panneaux flottants sculptés et ajourés représentent un vase à fleurs sur un piédestal et une calebasse. La face avant des pieds est ornée de plusieurs moulures plates en dégradé. Dans la partie haute des montants, une échancrure est taillée afin d'y insérer le tablier qui assure la stabilité de la table. Le long tablier de la face avant présente deux longs pendants de part et d'autre de chaque montant. Ceux-ci sont très finement ajourés et sculptés de deux dragons lovés en larges volutes. Une fine moulure souligne la partie du tablier située entre les montants. Le tablier arrière reprend une forme identique à celui du devant, mais n'est ni ajouré ni sculpté.
Les pieds sont assemblés au plateau à tenons apparents et mortaises. Le plateau est épais et massif plutôt qu'avec cadre et panneau flottant, ce qui est assez rare dans l'ébénisterie chinoise car cela exige une plus grande quantité de bois. La tranche est arrondie vers le bas et se termine par une fine moulure.
Deux ailes d'oiseau sont fixées aux extrémités du plateau, accentuant la légèreté de cette console.
Cette très belle console est laquée en noir, et les éléments sculptés sont rehaussés de peinture dorée. Avec le temps, la laque a pris une belle patine virant sur le brun très foncé et est en partie usée, laissant apparaître la veinure du bois. Les dorures ont perdu l'essentiel de leur éclat, mais sont encore assez bien visibles. |