Les chinois avaient l'habitude de désigner ce type de meuble de rangement en tant que coffre, ou encore cabinet à livres. Il a probablement appartenu à une famille de lettrés de la province du Shanxi. Les livres étaient posés à plat sur les tablettes.
La base est constituée d'un socle dont la partie basse est découpée de deux parties curvilignes. Sur le socle, la face avant est constituée d'un cadre assemblé à angle droit à tenons et mortaises. Les parois latérales et le dessus sont faits de panneaux assemblés entre eux à queues droites. Le dos est fait d'un panneau constitué de plusieurs planches aboutées. Les portes sont constituées d'un cadre assemblé en onglet à mi-bois et d'un panneau flottant affleurant. Sous les portes, une traverse proéminente fait office de seuil.
Les portes sont laquées de rouge, et peintes en doré d'un fin décor composé de deux oiseaux au milieu d'arbustes et de fleurs. L'encadrement est orné de dragons, sceptres de Ruyi, rouleaux, fruits et fleurs dans des cartouches de frises géométriques. Le dessus et les côtés sont laqués de noir.
La laque et les décors d'origine sont assez bien conservés pour l'époque, malgré des traces d'usure et quelques manques. Le dessus notamment a perdu la quasi-totalité de sa laque. Un verni chinois de protection y a été apposé et les ferrures en laiton ont été remplacées lors de la restauration.
Cette belle pièce d'antiquité chinoise témoigne bien du raffinement des lettrés du XIXème siècle. Sa patine et les traces d'usure du bois au niveau de la traverse de seuil accentuent encore son caractère unique. |