Les chaises destinées aux femmes sont généralement plus petites. Les dimensions et le type du siège (fauteuil, chaise, tabouret) sont en effet l’une des expressions de la forte hiérarchisation de la société chinoise au temps des empereurs.
Cette jolie petite chaise est construite selon l’un des styles caractéristiques de l’age d’or de l’ébénisterie de la dynastie Ming.
L’assise est constituée d’un cadre épais, assemblé en onglet à tenons et mortaises, et d’un panneau flottant affleurant. Le profil du cadre présente un large arrondi et se termine par une petite moulure concave. L’assise est assemblée sur 4 pieds au profil rond sur l’extérieur et carré sur l’intérieur. Les deux pieds arrière traversent l’assise et se prolongent en montants du dossier.
Le dossier est bas. Entre les deux montants, une planchette droite est assemblée à l’arrière du cadre de l’assise et à la traverse supérieure. Elle est ornée d’un symbole de Ruyi partiellement cassé, ajouré et mouluré dans sa partie haute. Au sommet, une large traverse dite « en bonnet de lettré » présente un léger dos d’âne orienté vers l’arrière et vers le haut.
Sous l’assise, de chaque côté, de jolies traverses en dos d’âne assez prononcé viennent renforcer la structure. Elles sont assemblées aux pieds à tenons et mortaises et reliées au cadre de l’assise par des entretoises droites. En partie basse, quatre traverses renforcent les pieds. Celle en façade est plus large et plate, et fait office de repose-pieds. Les trois autres sont de section ronde.
Cette petite chaise aux lignes épurées tient son caractère de ses proportions trapues. Sa belle laque noire d’origine est partiellement usée par un usage prolongé, faisant ressortir en plusieurs endroits la belle veinure de l’orme. |