Cette catégorie de coffre appartient au mobilier vernaculaire traditionnel chinois, et existe sous de nombreuses variantes : plus ou moins long, avec ou sans compartiment à portes, avec plus ou moins de tiroirs, voire avec un compartiment secret sous les tiroirs. En occident, ce style de meubles que les chinois nomment coffre, ferait partie de la catégorie des petits meubles ou des bahuts.
Sa construction s'apparente à celle des armoires chinoises de style Ming dites à montants inclinés.
Les quatre pieds de section ronde en façade et rectangulaire sur les côtés et au dos soutiennent un large plateau débordant. En façade, deux traverses élégamment arrondies sont assemblées aux montants en V inversé par tenons et mortaises. Celle du haut est reliée au plateau par une entretoise verticale séparant les deux tiroirs. Des panneaux flottants en retrait ferment le dos et les côtés.
La face avant reçoit en bas deux portes pivotant sur des tenons de section ronde, et au dessus deux tiroirs. Les portes sont construites avec un cadre assemblé en onglet à tenons et mortaises et un panneau flottant en retrait. La face externe du cadre est arrondie.
Le plateau supérieur est constitué d'un épais cadre assemblé en onglet à tenons et mortaises, dont la tranche présente un quart de jonc et un petit plat. Un panneau flottant à fleur est assemblé dans le cadre. Sur les côtés, les extrémités du plateau sont soutenues par de jolis pendants curvilignes avec une volute sculptée. Les bords du plateau sont munis de hautes « ailes d'oiseau » particulièrement fines.
La traverse inférieure est également soutenue par un tablier curviligne.
Les ferrures en laiton jaune ont été remplacées lors de la restauration.
Ce meuble bas ancien, de proportions harmonieuses, est remarquable par la légèreté de ses lignes, le contraste entre les panneaux plats et les montants arrondie, et la beauté simple de la veinure de l'orme. |