Les écrans étaient posés au sol, placés derrière le siège sur lequel étaient assise une personne de haut rang. Ils servaient à la protéger contre les courants d'air, les agressions ou les mauvais esprits pouvant arriver dans son dos. On en voit souvent représentés sur des gravures ou peintures de la dynastie Song et des dynasties postérieures. Les écrans de petite taille tels que celui-ci étaient destinées à être posés sur une table. Ils n'avaient pas de fonction particulière, si ce n'est décorative. Elles sont généralement représentées sur la table d'écriture des lettrés. La pierre qui est insérée dans le cadre de l'écran est choisi pour le caractère évocateur de ses lignes, et sa contemplation est source d'inspiration pour les poètes.
Cet écran de table est un objet précieux de lettré. Sa valeur particulière tient en la qualité du bois précieux dont il est fait, la finesse de son exécution et la belle veinure de sa pierre.
Le bâti est très probablement en Huanghuali, le plus précieux des bois chinois, ou peut-être en Hongmu, un bois précieux très proche du Haunghuali et parfois difficilement reconnaissable. Il est constitué d'un cadre assemblé en onglet à tenons et mortaises, au bas duquel deux fines traverses sont assemblées aux montants en V inversé. La face avant du cadre est très légèrement bombée, et surlignée d'une très fine moulure en demi jonc. Entre les montants et les traverses sont insérés trois panneaux décoratifs : deux en marbre de Dali en haut et au centre, et un en bois sculpté en bas. Le marbre de Dali est le plus précieux des marbres chinois. Provenant de la province du Yunnan, il est apprécié pour sa teinte blanche et ses veinures grises à noires évoquant des montagnes. Le panneau inférieur est également en Huanghuali (ou en Hongmu). Il est sculpté de deux dragons se faisant face autour du caractère ‘Longévité' stylisé.
Le support est constitué de deux épais montants sculptés de volutes, reliés entre eux par une traverse. Un tablier sculpté également de volutes soutient la traverse et rigidifie la structure. Deux rainures sont creusées dans la face interne des montants pour y glisser le cadre qui vient reposer sur la traverse.
Cet écran de table est une pièce d'antiquité chinoise très rare. Une fente visible sur la face intérieure à l'arrière de l'un des montants n'affecte pas la stabilité du support. C'est le seul dommage qu'a subit la partie en bois. Le marbre de Dali était cassé en en grande partie manquant. Il a été remplacé lors de la restauration. |