Lit à baldaquin
   
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Vue Générale
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La place du lit dans la maison chinoise était assez différente de celle qu'il occupe en occident.

On distingue deux grandes catégories de lits : le lit de jour ou lit de repos, relativement étroit, que l'on trouve souvent dans l'étude du lettré pour la sieste de l'après-midi. Et le lit pour la nuit, que l'on trouve dans les chambres.

Le lit de nuit était clos. Soit complètement fermé sur trois côtés avec une ouverture en façade et une sorte d'antichambre, soit avec des parois en bois ajouré, avec ou sans antichambre, soit encore avec une structure supérieure légère de montants et traverses supportant un toit ajouré. Des tentures étaient accrochées à la structure en bois, relevées le jour au moyen d'embrases, fermées la nuit. Le lit constituait donc une sorte de chambre dans la chambre.

 

La présence d'un phoenix et les parties recouvertes de laque rouge indiquent que ce magnifique lit à baldaquin était la propriété d'une personne de sexe féminin d'une famille très aisée.

La partie basse est constituée d'un large cadre assemblé en onglet à tenons et mortaises, au profil extérieur arrondi. Dans ce cadre, six solides traverses soutiennent un plateau amovible constitué de deux planches de bois. C'est sur ce plateau que le soir venu sont disposés l'oreiller et les couvertures. Sous le cadre, une fine ceinture en retrait se prolonge vers le bas en un léger tablier curviligne sculpté de motifs végétaux.

Les magnifiques pieds fortement cabriolés sont assemblés au cadre à tenons et mortaises et aux tabliers à mi-bois. Ils reposent sur une boule de bois laquelle est posée sur une embase de forme octogonale. Cette forme est celle que l'on retrouve dans les hexagrammes de la géomancie chinoise. Les pieds sont sculptés de fines moulures, de feuilles et de nuages. A l'intérieur de la courbe supérieure des pieds, sont insérés de jolis pendants en forme de nuages en volutes sculptés et dorés (celui d'un des pieds antérieurs est manquant). Le cadre, les pieds et les tabliers sont peints polychrome, avec dominantes de rouge et de pourpre. Les fines moulures surlignant des courbes des tabliers et tous les décors sculptés sont dorés.

Le baldaquin démontable est assemblé au cadre du lit par des tenons et mortaises. Au dos, à la tête et aux pieds, trois dosserets bas massifs ont une forme en dos d'âne en leur partie supérieure. Ils sont maintenus par les quatre montants ronds et inclinés du baldaquin. Entre les parties hautes de ces montants, quatre fines et élégantes traverses en dos d'âne assurent la tenue de cette structure et servaient à accrocher les tentures.

Au sommet des montants, des tenons permettent d'encastrer le ciel. Celui-ci est constitué d'un cadre dans lequel un treillis ajouré entoure un panneau ajouré et sculpté d'un magnifique phoenix. Tout le treillis est laqué de rouge sur le dessus et de noir au dessous, surligné par deus fines moulures plates dorées. Le phoenix est sculpté dans un médaillon en forme de nuage. Son corps, ses ailes et son cou présentent des courbes délicates et sensuelles. Le travail de sculpture est remarquable par sa précision et sa finesse.

Ce lit est exceptionnel par sa grande légèreté et l'état de préservation dans lequel il est parvenu jusqu'à nous. Ses décors laqués et peints sont d'origine, seulement partiellement estompés par endroits. Les teintes dominantes sont le bordeaux, le rouge, le doré et un peu de vert sombre. Le bois du cadre est usé et poli par les nombreuses décennies d'usage. Sa patine lui donne une chaleur inimitable.

Bois:Chap Mu (plusieurs variétés de résineux chinois).
Epoque:Fin XVIIIème siècle.
Référence: LJ01001
Provenance:Province du Guangdong, sud de la Chine
Dimensions: Longueur 214 cm x Profondeur 117 cm x Hauteur 205 cm.
Véra May antiquité chinoise copyright