L'oreiller tel que nous le connaissons en Europe était inusité dans la Chine impériale. De tout temps, les chinois utilisaient un support long, étroit et plus ou moins dur pour soutenir la tête pendant le sommeil : céramique, bois, cuir rembourré, lamelles de bambou entrelacées étaient les matériaux généralement utilisés.
L'oreiller étant un objet solide, sa durée de vie était très longue. De ce fait, les chinois aisés et raffinés accordent une importance esthétique à leur oreiller, et le choix des formes, des matières nobles et des décors souvent artistiques est exécuté avec beaucoup d'attention.
L'oreiller de voyage fait partie de l'équipement de toute personne amenée à passer la huit loin de son domicile. Outre sa fonction de repose-tête, il permet de mettre en sécurité pendant son sommeil tous les objets et documents précieux que le voyageur emporte avec lui. En effet les auberges n'étaient pas toujours très surs, et il n'était pas rare que des brigands s'en prennent aux voyageurs.
Ce très bel oreiller de voyage est constitué d'une structure en bois recouverte d'un cuir épais. Son couvercle bombé procure un minimum de confort. La face avant est très finement décoré de motifs découpés dans l'épaisseur du cuir et laissant apparaître le bois. Ce décor est fait de petits anneaux entrelacés. De part et d'autre de la fermeture, deux signes de la longévité sont surmontés chacun d'une chauve-souris, également symbole de longévité.
La fermeture en laiton permettait le verrouillage du coffret au moyen d'un petit cadenas. Sous la patte de verrouillage se trouve une serrure.
Sur les côtés, les coutures du cuir sont apparentes, et deux petites poignées en fil de laiton sont apposées.
L'intérieur est entièrement gainé de cuir de couleur naturelle. Le fond du coffret présente un grand compartiment de rangement pour des valeurs et des documents, surmonté par un petit plateau amovible. Le couvercle présente un petit compartiment à ouverture étroite.
Des proverbes de commerçants sont imprimés dans le couvercle. |