Ce style très ancien de boîte est un grand classique de l'ébénisterie chinoise. Il s'agissait à l'origine de boites à pique-nique, d'assez grande taille. Les plus petites comme celle-ci étant destinées à présenter des friandises. Les plus anciens exemplaires connus remontent à l'âge d'or du mobilier chinois de la dynastie Ming. Considéré comme un objet de valeur, les lettrés sous les dynasties Ming et Qing en faisaient fabriquer par des ébénistes de renom jusqu'à la fin du XIXème siècle. Ils les utilisaient pour ranger leurs sceaux et de petits objets de bureau, et les considéraient comme des pièces de collection. Encore de nos jours, on peut trouver de rares ébénistes travaillant selon les méthodes traditionnelles capables d'en fabriquer dans des bois précieux.
Aux yeux des lettrés, la structure de ces boîtes présente la symbolique du pouvoir de l'empereur, maître du ciel et de la terre. Les niveaux empilés les uns sur les autres représentent l'élévation pas à pas vers une meilleure position professionnelle. Les quatre angles du couvercle symbolisent quatre saisons de paix et de bonne santé.
Ce remarquable exemplaire contemporain a été fabriqué par un atelier renommé, agréé par le gouvernement chinois pour la restauration des meubles et des temples historiques de la région de Canton. Il dispose de quelques chutes de bois précieux ancien dans lesquels il en a fabriqué quelques uns pour une commande protocolaire du gouvernement, et également celui-ci. C'est donc un objet de collection rare et précieux qui nous replonge dans l'univers des lettrés chinois des XVIIème et XIXème siècles.
Le support est constitué d'un cadre assemblé en onglet. Le bord supérieur arrondi en quart de jonc est simplement surligné d'une très fine moulure plate. Au milieu, une traverse en retrait renforce le cadre. La poignée est assemblée au cadre à tenons et mortaises. De chaque côté, deux renforts magnifiques sont sculptés en belles volutes de section ronde. La partie haute est en dos d'âne et assemblée aux montants en onglet. La face externe de la poignée est bombée en demi jonc, avec une fine moulure plate de part et d'autre.
Les deux compartiments empilables comportent une fine moulure en demi jonc sur le pourtour en haut et en bas de leurs quatre côtés.
Le couvercle est également surligné de la même fine moulure. Le dessus est légèrement bombé. A l'intérieur, un tunnel en bois cache le passage de la tige métallique de fermeture.
Les très belles ferrures en ‘bai tong' (laiton blanc) sont incrustées dans le bois. Celles situées sur le dessus du couvercle sont en forme de Lingzhi, champignon symbole de longévité. Une longue tige également en laiton blanc traverse le couvercle de part en part et les montants de la poignée pour pouvoir verrouiller l'ensemble.
La valeur de cette boîte Tihe est due à sa forme considérée comme un grand classique, à la maîtrise de l'ébéniste et surtout à l'essence de bois utilisée. Le bois de Zitan est en effet avec le Huanghuali le plus précieux des bois de l'ébénisterie chinoise. Très rare, il était pendant longtemps réservé exclusivement à l'empereur. Il est particulièrement recherché pour sa dureté et la profondeur de sa teinte aux pourpres profonds, presque noire. |