Pour le commerce des herbes médicinales et autres denrée précieuses, les commerçants chinois utilisaient généralement deux types de balances : les balances à fléau et deux plateaux dans les boutiques, et les balances de type romaine, facilement transportables sur les marchés et pour le commerce ambulant.
Cette très belle balance provient d'une boutique d'herboriste. Son bâti est fabriqué en orme, un bois assez dur communément utilisé par les ébénistes chinois.
La partie basse est constituée d'un petit coffre comprenant trois tiroirs. De chaque coté, deux parois épaisses sont les bases sue lesquelles le portique est fixé. Entre ces parois sont assemblés le fond, le dos et le dessus du coffre à tiroirs. En façade, une traverse sépare le large tiroir inférieur des deux petits tiroirs supérieurs. Ces tiroirs servaient à ranger les poids.
Les longs montants du portique sont fichés à tenon et mortaise dans les parois latérales du socle. Ils sont de section carrée, et leur face antérieure et postérieure est rehaussée de deux fines moulures en demi jonc surlignant leur bord. En haut, une traverse en dos d'âne, de même profil, est assemblée en onglet aux montants, à tenon et mortaise. Sous cette traverse, une seconde traverse en dos d'âne assemblée en V inversé à tenon et mortaise vient parfaire l'équerrage et la rigidité du portique. Entre ces deux traverses est inséré un panneau flottant très finement sculpté et ajouré de volutes végétales dont la partie centrale évoque la forme d'un Ruyi. Enfin, de part et d'autre du pied des montants et sous les angles de la traverse inférieure, des pendants triangulaires constituent des équerres de renfort. Ils sont sculptés et ajourés dragons affrontés, enroulés en volutes dont les extrémités évoquent la forme du LingZhi.
Au milieu du portique est fixé un crochet servant à suspendre le système de pesée. Celui-ci est constitué d'un support sur lequel repose le fléau, d'un long axe horizontal auquel sont suspendus les deux plateaux. L'ensemble est en laiton.
Les ferrures en laiton des tiroirs sont d'origine, mais le système de la balance a été remplacé. En effet, il est exceptionnel que les systèmes d'origine soient encore existants car ils ont été soit enlevés pour être réemployés, soit fondus à l'époque de la révolution culturelle où il fallait récupérer tous les métaux pour les besoins de l'industrie.
La qualité de ses sculptures et l'état général de cette balance, qui n'a nécessité que le rajustage des joints d'assemblage et la pose d'un nouveau verni, en font un objet rare et spectaculaire. |