Les instruments nécessaires à l'écriture chinoise sont dotés d'une valeur quasi mythique. Le pinceau, l'encrier (la pierre à encre), l'encre et le papier sont les attributs principaux du lettré, lequel par sa connaissance de l'écriture chinoise et des grands classiques a de tout temps bénéficié d'un prestige important. Viennent s'ajouter à ces instruments le pot à pinceau et le repose pinceau. Tous ces objets sont donc choisis avec attention par leur possesseur, et conservés avec le plus grand soin. Certains lettrés s'adressaient à des artisans de renom pour fabriquer et sculpter ces instruments selon leurs souhaits.
Cette jolie pierre à encre en forme de courge voit sa surface répartie en deux parties : la cuvette dans laquelle on frotte le bâton d'encre en bas, et l'ornementation en haut. Le motif sculpté dans la pierre représente la tige et les feuilles de la courge. Un fin sarment est entouré d'un escargot à gauche et un ver de terre à droite.
Au dos de la pierre est gravé le nom du lettré qui l'a fait exécuter pour lui, un texte signifiant que cette pierre lui est utile pour écrire et mémoriser ses pensées, et la date de son acquisition, soit la septième année du règne de l'empereur Qianlong (1742).
La pierre est présentée dans une magnifique boîte en bois précieux, le Tielimu (bois de fer). Ce bois sombre et très dense a été nommé ainsi par les chinois car tout comme le fer il ne flotte pas sur l'eau. La boîte en deux parties reprend exactement la fore de courge de la pierre. Aussi bien sur le couvercle que sur le fond, elle présente les belles courbes des lobes de la courge. Sur le lobe central du couvercle sont sculptés une feuille et un sarment.
La courge est très prisée en Chine du fait de sa chair abondante. Elle a des vertus porte-bonheur et repousse les influences maléfiques.
Cette pierre à encre est rare et exceptionnelle par la finesse et la sobriété de son décor, mais surtout par sa boîte en bois de fer. |